De violents affrontements ont éclaté tôt mardi matin entre gangs rivaux dans le quartier de Bel-Air, à Port-au-Prince. Selon plusieurs sources locales, une quinzaine de soldats ainsi que deux chefs de gangs, connus sous les noms de Dèdè et Vag, ont été abattus. Parallèlement, des rumeurs persistantes laissent croire que Kempès Sanon, leader du gang Krache Dife, aurait été tué ou grièvement blessé.
Alors que les groupes armés prétendent s’unir pour renverser le système en place, leur alliance a plongé Haïti dans une crise sécuritaire aiguë, marquée par une recrudescence des assassinats, des kidnappings, des incendies criminels et des déplacements massifs de population.
Un conflit interne qui fait imploser la coalition
Mardi, un conflit fratricide a mis en lumière les fractures au sein de la coalition criminelle. À l’origine : le kidnaping. Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, on voit Jimmy Chérizier, alias Barbecue, chef de la coalition « Viv Ansanm », entouré de six individus, dont un jeune homme de 18 ans et une adolescente de 12 ans, retenus en captivité depuis plus d’un mois.
Dans cette séquence, Barbecue affirme que les chefs de gangs s’étaient entendus pour éradiquer le kidnapping au sein de la coalition. Face au refus de certains de ses alliés d’appliquer cette décision, il dit avoir choisi de « donner l’exemple ». « Vos ravisseurs ne sont plus là », déclare-t-il à l’attention des otages, en larmes.
Cette déclaration relance le débat autour d’une possible exécution de Kempès Sanon. Le doute demeure : certains affirment qu’il a été éliminé, tandis que d’autres sources avancent qu’il aurait pris la fuite.
Bel-Air transformé en zone de guerre
Des témoins rapportent que le quartier de Bel-Air, bastion historique des gangs, s’est transformé en véritable zone de guerre. Des tirs nourris ont été entendus dans plusieurs zones avoisinantes, provoquant un vent de panique parmi les riverains.
Ce désaccord interne met en lumière les profondes divisions au sein des groupes armés qui ont déjà fait de la capitale un champ de bataille. Une question demeure : la Police nationale d’Haïti saura-t-elle profiter de cette division pour reprendre le contrôle du centre-ville de Port-au-Prince, cœur névralgique de l’administration publique ?


