Un massacre d’une rare violence s’est produit à Jean-Denis, dans l’Artibonite, faisant au moins 70 morts, une trentaine de blessés et une cinquantaine de maisons incendiées, selon des sources locales. De son côté, la Police nationale d’Haïti (PNH) avance un bilan nettement inférieur, évoquant 16 morts et 10 blessés.
Cet écart considérable soulève de sérieuses interrogations sur la capacité de l’institution policière à documenter avec rigueur les drames qui frappent le pays. Pour de nombreux observateurs, cette différence ne relève pas seulement d’un problème de communication, mais traduit une déconnexion inquiétante entre la réalité du terrain et les rapports officiels.
Au-delà des chiffres, c’est la gestion globale de la sécurité qui est pointée du doigt. Dans une région déjà fragilisée par la présence de groupes armés, ce nouveau massacre renforce le sentiment d’abandon au sein de la population. L’absence d’intervention rapide et efficace, ainsi que le manque de résultats concrets dans la lutte contre l’insécurité, alimentent une perte de confiance grandissante envers la PNH.
Face à une violence qui ne cesse de s’intensifier, les critiques se multiplient : incapacité à anticiper, à prévenir, et surtout à protéger. Pour beaucoup, ce drame de Jean-Denis n’est pas un cas isolé, mais le symptôme d’un système sécuritaire dépassé, en quête urgente de crédibilité et d’efficacité.
Artibonite : un massacre aux bilans divergents qui fragilise la crédibilité de la PNH

Erold Théodore
Erold Théodore est journaliste, juriste et politologue en devenir. Président-directeur général du journal L’Étendard, il est diplômé en droit de l’Université de Port-au-Prince et formé en journalisme à l’ISNAC. Ce professionnel des médias couvre l’actualité de Port-au-Prince pour la Radio Télévision Jacmel Inter.

