Des affrontements armés ont éclaté samedi entre deux gangs rivaux, Cinq Secondes et Team Ascenseur, piliers de la coalition criminelle « Viv Ansanm » dont la formation a plongé le pays dans le chaos. Des tirs d’armes lourdes ont retenti au centre-ville de Port-au-Prince, provoquant un déplacement précipité de la population. Des pertes en vies humaines ont été signalées dans les deux camps, révélant un profond désaccord au sein de cette alliance terroriste qui continue d’accabler une population épuisée par des années de violence.
Depuis 2024, les gangs haïtiens, autrefois engagés dans une lutte acharnée pour le contrôle des territoires, avaient uni leurs forces. Cet accord stratégique a installé le pays dans un climat de terreur marqué par des enlèvements, des vols, des assassinats et des incendies criminels, réduisant la police à l’impuissance.
Affrontements meurtriers : la coalition « Viv Ansanm » se fissure
Mais ce samedi, l’équilibre apparent semble s’être brisé. Les bandes de Renel Destina (Ti Lapli) et de Jhonson André (IZO), basées à l’entrée sud de Port-au-Prince, se sont violemment opposées. S’agit-il d’un règlement de comptes ou d’une lutte pour le contrôle des postes de péage ? L’origine du conflit demeure incertaine. Cependant, ces échanges de tirs laissent entrevoir une sérieuse mésentente entre ces deux groupes, qui ont largement contribué à la destruction du centre-ville de Port-au-Prince, point névralgique de l’administration publique.
Selon les informations recueillies, une dizaine de membres des gangs, dont Zago, affilié à Team Ascenseur et opérant dans la localité de Grand-Ravine, auraient été tués. Leurs corps ont été incendiés, signe d’une profonde grogne et d’un début de fragmentation au sein même de « Viv Ansanm ».
Panique au centre-ville : des milliers de civils fuient les fusillades
Des vidéos massivement relayées sur les réseaux sociaux montrent des mères portant leurs nourrissons, des enfants, des adultes et des personnes âgées courant dans tous les sens alors que les balles sifflent au-dessus de leurs têtes, illustrant l’intensité des affrontements. Cette situation a contraint passagers, chauffeurs, automobilistes et piétons à rebrousser chemin.
À la Ruelle Alerte, ainsi qu’à la Première et à la Deuxième Avenue, la tension est montée d’un cran. Des hommes lourdement armés, engagés dans des heurts violents, ont été aperçus tentant de neutraliser leurs rivaux. L’intensification de ces accrochages met en lumière la désorganisation grandissante au sein de l’association criminelle et rappelle que les bandits ne seront jamais des partenaires de stabilité.
L’État profitera-t-il de cette fracture interne pour tenter de reprendre le contrôle des vastes zones occupées depuis longtemps par les malfrats ?
La question demeure entière.


