Le gang de Savien a une nouvelle fois frappé dans le département de l’Artibonite. Au moins six personnes ont été tuées lors d’une offensive d’une rare intensité, qui a également fait plusieurs blessés. L’attaque a été menée tôt dans la matinée contre la localité de Bois-Bélanger, dans la commune de Liancourt. Cette offensive meurtrière met en évidence la brutalité des groupes armés retranchés dans plusieurs zones stratégiques de l’Artibonite.
Selon un rapport récent de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), environ 9 000 personnes ont été contraintes d’abandonner leur domicile dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite en raison de la recrudescence de la violence armée. L’agence onusienne estime que le pays compte désormais plus de 1,4 million de déplacés internes, répartis notamment dans 48 sites d’hébergement.
Ces cas de meurtres et de déplacements massifs de population mettent en lumière une population livrée à elle-même, dans un contexte où l’insécurité ne cesse de s’aggraver. Cette situation contraste fortement avec les discours du pouvoir intérimaire, qui fait de la sécurité son principal cheval de bataille.
Parallèlement, à Port-au-Prince, l’insécurité poursuit sa progression. La population est témoin d’une hausse spectaculaire des enlèvements et d’actes criminels. Selon plusieurs observateurs, le pays souffre d’un grave déficit de gouvernance. Ils pointent notamment du doigt l’absence quasi totale de l’État au centre-ville de Port-au-Prince, pourtant pôle névralgique de l’administration publique, ainsi que dans plusieurs communes comme Carrefour et Croix-des-Bouquets.


