Dans le sillage des récentes sanctions américaines, le Département d’État des États-Unis a annoncé, ce lundi, l’imposition de restrictions de visa contre un haut fonctionnaire haïtien en raison de ses liens présumés avec des gangs qui contrôlent des larges zones du territoire national.
Après avoir mis en garde toutes personnes contribuant à l’instabilité en Haïti, Washington passe à la vitesse supérieure en ciblant un membre du gouvernement accusé de connivence avec des groupes armés.
Selon une note de l’ambassade américaine à Port-au-Prince, le responsable en question est accusé d’avoir soutenu des organisations criminelles et d’avoir entravé les efforts du gouvernement haïtien dans la lutte contre les gangs. Ses visas en cours seront révoqués, conformément à la section 212(a)(3)(C) de l’INA.
« Le peuple haïtien en a assez de la violence, de la destruction et des querelles politiques. L’administration Trump encouragera la reddition de comptes pour ceux qui continuent à déstabiliser Haïti et la région », précise le communiqué.
Les regards se tournent désormais vers les membres du pouvoir intérimaire. Selon des sources officieuses, la personne visée serait un conseiller présidentiel, bien que Washington n’ait pas dévoilé l’identité du fonctionnaire sanctionné.
Cette annonce survient moins d’une semaine après des allégations selon lesquelles certains membres du Conseil présidentiel auraient envisagé de limoger le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Pour certains, ces sanctions constituent un message clair de soutien au chef du gouvernement, dont la position resterait fragile. Pour d’autres, Washington cherche surtout à freiner l’influence de certains acteurs soupçonnés de financer les gangs.


