Les personnalités sanctionnées par la communauté internationale ne seront pas autorisées à participer aux prochaines élections, a annoncé le président du Conseil Électoral Provisoire (CEP), Jacques Desrosier, sur les ondes de Scoop FM.

Cette décision intervient alors que des anciens parlementaires, dont Joseph Lambert de KONA et Youri Latortue de AAA, sanctionnés par les États-Unis et le Canada pour trafic de drogue et financement de gangs, ont malgré tout inscrit leur parti au registre électoral mercredi 11 mars.
Selon un communiqué du département américain du Trésor publié en 2022, l’histoire de Lambert avec le trafic de drogue couvre deux décennies. « Pendant ce temps, Lambert a utilisé sa position pour diriger et faciliter le trafic de cocaïne de la Colombie vers Haïti et pour assurer l’impunité d’autres trafiquants en Haïti. Lambert a également ordonné à d’autres de se livrer à la violence en son nom. Son trafic de drogue, ses tactiques de corruption et son mépris continu de l’État de droit ont contribué à la déstabilisation du pays », peut-on lire.
« Comme Lambert, Latortue a également été longtemps impliqué dans le trafic de drogue. Latortue s’est engagé dans le trafic de cocaïne de la Colombie vers Haïti et a ordonné à d’autres de se livrer à la violence en son nom. L’OFAC a coordonné étroitement avec la Drug Enforcement Administration (DEA) pour cette désignation », précise le communiqué.
Alors qu’une affluence de dirigeants politiques est observée devant le bureau du CEP à Pétion-Ville, l’organisme chargé des questions électorales rappelle que ces inscriptions ne garantissent pas l’éligibilité des candidats concernés, qui devront se conformer aux restrictions imposées par la communauté internationale. Des observateurs y voient une preuve de transparence et de non-connivence avec les financeurs de gangs, responsables de la déstabilisation du pays.
Cette annonce risque de bouleverser le paysage politique à quelques mois du scrutin, alors que plusieurs partis entendent présenter leurs candidats. Par cette mesure, le CEP envoie un message clair : le pays a besoin de dirigeants intègres, capables de lutter contre les gangs, connus pour leurs velléités d’expansion territoriale et accusés de multiples exactions, dont assassinats, kidnappings et incendies criminels.
Dans le même temps, plus de 200 partis se sont inscrits auprès du Conseil Électoral Provisoire pour les prochaines élections. Des discussions seraient également en cours au sein du pouvoir pour un possible remaniement du CEP, une perspective déjà contestée par des hommes politiques, nombreux parmi eux étant accusés de corruption et de collusion avec les gangs.


