Le quartier de Turgeau, jadis considéré comme une zone résidentielle paisible, a été le théâtre de nouveaux actes de violence orchestrés par des membres de la coalition « Viv Ansanm ». Dans la nuit de lundi à mardi, plusieurs maisons ont été saccagées, pillées et vandalisées par des individus lourdement armés, qui auraient enlevé au moins trois personnes.
La capitale haïtienne, Port-au-Prince, se transforme peu à peu en champ de ruines. Les gangs armés, connus pour leur cruauté, multiplient les exactions et ciblent désormais des zones stratégiques. À Turgeau — quartier abritant des infrastructures symboliques du secteur privé des affaires — les assaillants ont lancé une offensive qui a semé la panique parmi la population.
Malgré leur retrait temporaire mardi, la méfiance demeure. De nombreux parents ont gardé leurs enfants à la maison, tandis que seuls quelques rares véhicules circulaient dans les rues. Plusieurs institutions ont fermé leurs portes, et l’activité commerciale ainsi que la circulation restaient quasiment paralysées en milieu de journée.
Des familles victimes dénoncent la passivité des autorités, qu’elles accusent de fermer les yeux — voire de faire preuve de complicité — face à la montée des violences.
Le pays s’enfonce dans une crise multiforme, marquée par l’absence de consensus entre les dirigeants. Le Conseil présidentiel de transition peine à remplir ses missions, tandis que le Premier ministre, qui avait fait de la lutte contre l’insécurité son cheval de bataille, se limite à des promesses restées sans effet. Pendant ce temps, la population continue d’attendre des résultats concrets.
La situation nationale atteint un niveau critique. Des écoles, universités, hôpitaux et commissariats sont pris pour cibles, pillés ou incendiés. Les routes nationales demeurent impraticables, et plusieurs infrastructures publiques — dont des ports — sont désormais sous le contrôle des gangs.
Le seul aéroport international de Port-au-Prince, coupé du reste du pays, est à l’arrêt depuis novembre.
Ce tableau sombre illustre l’incapacité du pouvoir intérimaire à restaurer la sécurité et la stabilité en Haïti.


