Coup de tonnerre dans le paysage judiciaire haïtien. Magalie Habitant, ex-directrice du SNGRS, l’ancien député de Petite-Rivière de l’Artibonite Victor Prophane, ainsi qu’Élionor Devallon, ex-directeur général de la CAS, tous accusés de collusion avec des gangs armés, ont été renvoyés devant le tribunal criminel siégeant sans assistance de jury. L’ordonnance a été rendue ce mardi par le magistrat Benjamin Félismé.
Alors qu’Haïti est rongée par une violence endémique, de nombreux citoyens s’interrogent sur les véritables mains cachées derrière la montée en puissance des groupes armés. Cette année, la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a mis à nu plusieurs hauts fonctionnaires de l’État soupçonnés d’être des financeurs de gangs, révélant un système de corruption profondément enraciné.
Au début de l’année 2025, plusieurs personnalités, dont Magalie Habitant et Victor Prophane, avaient déjà été arrêtées pour leurs liens présumés avec la coalition criminelle « Viv Ansanm ». Ces derniers avaient été placés en détention en attendant les suites de l’enquête.
Ce mardi, le juge Benjamin Félismé, chargé du dossier, a finalement émis son ordonnance, renvoyant les trois anciens responsables publics devant le tribunal criminel. Cette décision, largement saluée sur les réseaux sociaux, est perçue comme un tournant majeur dans l’identification des acteurs étatiques impliqués dans l’instabilité du pays.
Cependant, des sources judiciaires rapportent que plusieurs individus arrêtés par la DCPJ dans le cadre de ces opérations ont été libérés, alimentant scepticisme et méfiance envers une justice souvent accusée de partialité.
Selon l’ordonnance, si les anciens hauts fonctionnaires sont renvoyés au tribunal criminel, le juge ordonne toutefois la libération des autres personnes interpellées, notamment le chauffeur de l’ex-directrice du SNGRS, ainsi que les fils et frères de l’ancien député Prophane.
Ce dossier explosif continue de soulever des questions essentielles sur la responsabilité des hommes d’État dans la crise sécuritaire actuelle et sur la capacité du système judiciaire à poursuivre efficacement les réseaux de corruption et de criminalité organisée.


