Les États-Unis ont annoncé, lundi, des sanctions à l’encontre du Conseiller-Président Fritz-Alphonse Jean, l’accusant d’entretenir des liens avec des groupes armés responsables de violences généralisées à travers le pays. Ces mesures incluent notamment l’interdiction d’entrée sur le territoire américain.
Selon le Département d’État, le représentant de l’Accord de Montana aurait non seulement entretenu des connexions avec des organisations criminelles opérant sur de vastes portions du territoire, mais aussi entravé les efforts du gouvernement haïtien dans la lutte contre ces groupes.
Cette décision intervient alors que Fritz-Alphonse Jean avait récemment critiqué le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, l’accusant d’inaction face à la dégradation sécuritaire. Pour plusieurs observateurs, cette prise de position pourrait désormais être perçue sous un autre angle.
Réagissant aux sanctions, M. Jean a rejeté les accusations, affirmant que Washington avait agité la menace de mesures punitives après la décision du Conseil présidentiel de transition de limoger le Premier ministre. « Nous restons déterminés à combattre la corruption, la capture de l’État par quelques individus, ainsi que les acteurs impliqués dans le trafic de drogue et la prolifération d’armes et de munitions », a-t-il déclaré à Associated Press.
Cette annonce survient moins d’une semaine après des informations laissant entendre que certains membres du Conseil présidentiel envisageaient d’écarter le chef du gouvernement. Pour certains analystes, les sanctions américaines constituent un signal clair de soutien au Premier ministre. Pour d’autres, elles traduisent plutôt la volonté de Washington de contrer l’influence de figures soupçonnées d’alimenter le financement des gangs.


