Le « Konpa dirèk », créé il y a 70 ans, vient officiellement d’être inscrit sur la prestigieuse Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Cette reconnaissance mondiale consacre non seulement un rythme emblématique d’Haïti, mais aussi la créativité, l’ingéniosité et l’héritage des artistes haïtiens qui font rayonner la culture nationale depuis des générations.
Après la soup joumou et le cassave, c’est désormais le tour du Konpa dirèk de rejoindre cette liste qui protège et valorise les trésors culturels du monde. Le dossier avait été soumis par Dominique Dupuy, ancienne ambassadrice d’Haïti auprès de l’UNESCO, qui s’est réjouie de voir cette musique typiquement haïtienne obtenir enfin la place qu’elle mérite sur la scène internationale.
Pour l’ex-représentante d’Haïti, cette distinction ouvre la voie à une participation accrue du pays aux grands débats mondiaux sur la culture, la mémoire et l’identité.
Un rythme mondial ralenti par la crise nationale
Ironie du sort : alors que le Konpa brille désormais sur la scène mondiale, la crise sécuritaire en Haïti étouffe les artistes, empêche les concerts, freine les tournées et réduit au silence ceux qui portent ce patrimoine vivant.
Le pays vient d’obtenir une reconnaissance internationale majeure, mais ceux qui font vivre le Konpa n’ont plus la liberté de le hisser au sommet, ni même de le jouer en toute sécurité sur leur propre terre.


