La revendication populaire suite à la hausse des prix du carburant annoncée par le gouvernement,amorce une pénurie d’eau potable à P-au-P et dans certaines villes de province. Les Port-au-Princiens sont dans un luxuriant cataclysme.
Dimanche 11 septembre 2022, le 1er ministre Ariel Henry a annoncé la hausse des prix des produits pétroliers.Dans la matinée du lundi 12 septembre,la capitale haïtienne,les villes de province se sont réveillées paralysées.Barricades, pneus enflammés, tessons de bouteille…Entreposés dans diverses artères du pays. En effet,pas de véhicule dans les rues,les entreprises publiques et privées ont gardé leurs portes fermées.
Suite à cette tension, l’eau potable devient rare.La zone métropolitaine de P-au-P et ses environs s’enlisent dans la désuétude d’eau, qui est un élément indispensable dans la vie quotidienne.À tous les coins de rue,des personnes munies de leurs gallons sillonnent les rues afin de s’approvisionner en eau potable.Un phénomène qui pétille l’esprit.
Dimanche 18 septembre 2022, quelques heures avant l’adresse à la nation du PM Ariel Henry,qui selon plus d’un incompatible au desiderata du peuple, arrive un camion d’eau entre l’angle des rues de l’Enterrement,et de Joseph Janvier.A brule-pourpoint, ces deux axes routiers sont remplis par des gens venant d’horizons divers avec gallons en main.Les rues susmentionnées sont inaccessibles même pour les piétons.On était en présence d’une autre forme de barricade formée par des individus voulant faire le plein.Des mots sordides ont été entendus.Dans la foulée,certains d’entre eux, tentaient de se battre.Je n’ai pensé même pas de m’approcher,car mon physique n’est pas proportionnel à cette marrée humaine.
Dans la soirée de ce même dimanche,le locataire de la primature,le Dr Ariel Henry s’est adressé à la nation qui dans son discours se montre très confortable.En marge de cette allocution,les revendications de la population haïtienne traîtée en parent pauvre n’ont pas été soulignées. »Pèsonn pa ka di e pou zafè gaz yo te voye pèp la al fè dechoukay nan lekòl,inivèsite,lakay kèk lidè politik… »,insiste le sexagénaire arguant que l’histoire jugera les agitateurs.Pourrait-on dire que les cris des protestataires n’arrivent pas aux oreilles du chirurgien ?
Dans l’aube du lundi 19 septembre,le pays s’est réveillé sous tension.D’un côté,des tirs nourris ont été entendus,jets de pierre, pneus enflammés, barricades, détritus jonchés la chaussée.De l’autre côté,les Port-au-Princiens souffrent d’une soif aiguë,car les robinets des boutiques d’eau potable sont secs.
Mardi 20 septembre,8hres 5 AM,un ami de la maison nous a appelé pour nous informer de la livraison d’eau potable à la rue Oswald Durand.Voulant épier l’occasion, quelques minutes plus-tard,nous sommes déjà à ladite rue.À notre arrivée, aucune personne n’a été remarquée.L’eau était déjà épuisée. »L’espace était tellement rempli,même trois camions d’eau n’auraient pas suffisants », déclare un riverain de la zone.
« Pas la peine d’entrer sans eau », murmure Shama, une adolescente entre 12 à 14 ans.Nous marchons jusqu’à la rue Magloire Ambroise.Dès notre arrivée,un long fil d’attente a été observé.Les gens s’approvisionnent en eau potable. »Je viens de la rue des Casernes, je ne veux pas retourner à gallon vide »,dit une soixantenaire vêtue d’une robe noire qui est blanchie par le temps.Une autre femme répond au dire de ladite dame au cheveux gris. »Ah,tu es d’ici maman! Avant hier,une personne venue de Delmas pour faire le plein jusqu’ici », rappelle cette dernière impatiente dans la ligne.
De jour en jour, Haïti va de mal en pis.La population haïtienne souffre de niveaux très élevés d’insécurité alimentaire et de malnutrition.Selon les estimations les plus récentes du Cadre intégré de classification de la phase humanitaire et de la sécurité alimentaire (IPC), quelques 4.5 millions d’haïtiens soit 45% de la population devraient souffrir de la faim.À cela s’ajoute la rareté d’eau potable.Est -ce tout cela ne constitue pas le trou de la première république noire indépendante du monde? Il ne reste que son ensevelissement.
Erold Théodore auteur.

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