Pendant que le pays s’enfonce dans une crise multidimensionnelle, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé semble privilégier les projecteurs internationaux au détriment des besoins urgents des Haïtiens. Les images, largement diffusées par les canaux officiels, offrent une vitrine médiatique impeccable, mais leurs retombées concrètes restent pour l’instant invisibles pour la population.

Mercredi, en marge de la 50ᵉ réunion des chefs de gouvernement de la CARICOM à Saint-Kitts-et-Nevis, le chef du gouvernement a rencontré plusieurs officiels, dont le Secrétaire d’État américain Marco Rubio et la Secrétaire générale de la CARICOM, Carla Barnett. Mais une question brûlante persiste pourtant: qu’est-ce que ces rencontres apportent réellement aux citoyens haïtiens ?
Ce déplacement intervient moins de 48 heures après la signature d’un accord qualifié de sélectif par plusieurs acteurs politiques, en raison de son manque d’inclusivité. Un contexte qui alimente davantage les interrogations sur les priorités réelles de l’exécutif.
Alors que les albums photo officiels se remplissent, la réalité du terrain demeure implacable. Les quartiers populaires continuent de subir les rafales d’armes automatiques, les enlèvements s’installent dans le quotidien, et l’urgence nationale ne peut attendre les sourires diplomatiques.
La Primature vante une coopération « franche, respectueuse et orientée vers des résultats concrets ». Mais pour beaucoup, il ne s’agit que d’une diplomatie de façade face à une crise interne qui réclame des mesures immédiates et structurantes.
Comme ses prédécesseurs, le Premier ministre risque-t-il de ne laisser derrière lui que des albums photo officiels, au lieu d’un réel changement ? Le retour prévu ce vendredi soulève l’espoir d’annonces significatives. Mais la population, épuisée par l’insécurité et l’incertitude, attend surtout des actions concrètes et mesurables.


