L’opération anti-gang menée ce vendredi 14 novembre 2025 à Croix-des-Bouquets s’est soldée par une lourde perte pour la Police nationale d’Haïti (PNH), qui confirme avoir perdu l’un de ses hélicoptères en pleine mission. L’appareil a été détruit après un atterrissage forcé dans les zones de Santo et de Lilavois, alors que des unités spécialisées tentaient de déloger des groupes armés actifs dans la région.
Selon la note publiée sur la page Facebook officielle de l’institution, l’équipage a été contraint de poser l’appareil d’urgence en raison d’une défaillance mécanique détectée en plein vol. Les policiers présents à bord ont été évacués à temps et aucune perte humaine n’a été signalée.
La PNH affirme avoir pris la décision stratégique de détruire elle-même l’hélicoptère afin d’éviter qu’il ne soit récupéré par les gangs opérant dans la zone. « Cette mesure s’inscrit dans la protection des équipements sensibles de l’institution », précise la note.
Mais cette version officielle est largement contestée sur les réseaux sociaux, où des vidéos montrent des hommes armés entourant la carcasse de l’hélicoptère et célébrant ce qu’ils présentent comme un coup porté à la police. Les impacts de balles visibles sur les images renforcent cette narration, donnant l’impression d’une PNH débordée et vulnérable dans des territoires où les gangs exercent une forte emprise.
Cet incident met en lumière, une nouvelle fois, les limites opérationnelles d’une police en sous-effectif et manquant de moyens, face à des groupes criminels de plus en plus puissants et mieux armés.
L’appareil participait à une vaste offensive lancée à l’aube contre plusieurs bastions du gang « 400 Mawozo ». Drones, unités terrestres et blindés avaient été déployés pour appuyer l’opération dans la Plaine du Cul-de-Sac.
Malgré la perte de cet équipement stratégique, la direction générale de la PNH affirme que les opérations se poursuivent et réitère sa détermination à reprendre le contrôle des zones occupées par les groupes armés. Elle salue le professionnalisme de l’équipage, tout en reconnaissant que cette perte représente un coup dur pour l’unité aérienne déjà limitée de la police.


