L’Association militaire d’Haïti fustige le comportement du nouveau ministre de la défense, Jean Marc Berthier, appellant les forces armées d’Haïti à se mettre en ‹‹ position D ›› . Dans une note de dénonciation publiée mardi 19 juin, elle a tiré les oreilles des autorités du ministère de la défense pour manque de protocole administratif.

Le Standard, le 20 juin 2024. Les faits: À travers une note, le ministère de la défense a demandé lundi aux autorités militaires de mettre les Forces armées d’Haïti (FAd’H) en ‹‹ condition D ». Objectif: Faire face aux agissements des gangs armés contrôlant 80% de la capitale haïtienne, Port-au-Prince.
À la suite de la publication de cette circulaire sur les réseaux sociaux, l’Association militaire d’Haïti a réagi soulignant que ce n’est pas la prérogative du ministre de la Défense de mettre la troupe en ‹‹ D ››.
L’association militaire dénonce un manque de protocole dans la démarche de Jean Marc Berthier Antoine et Louis Marcelin Daniel, respectivement ministre et directeur général du ministère de la Défense.

« Le directeur général du ministère de la Défense ne peut intimer un ordre à un commandant en chef d’autant plus qu’il est de grade inférieur », a-t-elle dénoncé, soulignant que la mise en ‹‹condition D » ne peut être décidée que par le commandant en chef.
En aucun cas un directeur général du ministère de la Défense ne peut intimer un ordre à un commandant en chef, d’autant plus qu’il est de grade inférieur. Et ceci, même quand il prétend transmettre un ordre direct du ministre de tutelle.
La tutelle du ministre de la Défense sur l’armée est pour des convenances administratives.
La Constitution de 1987 et les règlements généraux des FAd’H sont formels : le commandant en chef relève directement du président de la République, duquel il reçoit ses ordres.
‹‹ En aucun cas il n’est acceptable qu’une correspondance interne fasse l’objet d’une divulgation sur les réseaux sociaux››, a corrigé l’association. La secrétaire rédige ; le ministre, ou dans ce cas précis le DG, signe la note qui est mise sous enveloppe scellée et transmise par messager, souligne cette note acheminée à la rédaction de Le Standard.
« Nous sommes en situation de crise. Pas de temps ni de place pour de l’apprentissage », a écrit l’association.
Dans cette même veine, elle rappelle au ministre de la défense, Jean Marc Berthier, que sa mission réside dans la conduite stratégique de la Défense du pays, et non dans le micro-management de la troupe. (Papier hygiénique et désinfectant, eau, ration alimentaire du GQG).


