Il est grand temps de dire les choses clairement : croire que le 7 février prochain, Haïti retrouvera l’ordre constitutionnel relève de la pure fantaisie. Le président du Conseil électoral provisoire (CEP), Jacques Desrosiers, l’a rappelé avec lucidité : organiser des élections dans un pays où près de 90 % de la capitale est sous le joug des gangs armés est tout simplement impossible.
Et pourtant, le pouvoir intérimaire s’acharne à répandre l’illusion. Opérations de communication, annonces tonitruantes, propagande électorale : tout est bon pour faire croire que le chaos est sous contrôle. Pendant ce temps, la réalité est implacable. L’insécurité règne, la politique s’enlise, et les gangs étendent leur empire à travers le territoire national.
Il ne s’agit plus de simples retards techniques : ce que le CEP décrit, c’est un pays au bord du vide institutionnel. Et ce vide, le CPT semble prêt à l’ignorer, préférant jouer à la comédie politique plutôt que d’affronter la gravité de la situation.
Les appels au changement se multiplient. Le parti UNIR, par la voix de Clarens Renois, le dit sans détour : le départ du CPT et la mise en place d’une structure capable de restaurer la confiance et d’organiser des élections crédibles sont désormais une urgence nationale.
Haïti ne peut plus se permettre de céder à l’illusion. Le peuple mérite des institutions fortes, des dirigeants responsables et un véritable horizon démocratique. Toute tentative de masquer le désordre par des discours enjoliveurs ne fera qu’enfoncer le pays davantage dans l’incertitude et le désespoir.
Le 7 février n’est pas une date magique. C’est un avertissement. Et ceux qui croient pouvoir le balayer d’un revers de communication se trompent lourdement.


