Un membre du gouvernement haïtien a démenti les informations selon lesquelles l’Etat haïtien aurait signé un contrat avec la société Vectus Global pour lutter contre les gangs et la mise en place d’un système de collecte des impôts, a rapporté le journal américain, Le Miami Herald. Alors que le pays est asphyxié par la violences des gangs, la présence de mercenaires étrangers en Haïti soulève de nombreuses questions et suscite une vive controverse.
Erik Prince, dirigeant de la sécurité privée, Vectus Global, a déclaré qu’il prévoit de garder ses troupes en Haïti pendant dix ans dans le cadre d’un accord conclu avec les autorités haïtiennes incluant la taxation des marchandises importées de la République dominicaine. Dans une interview avec Reuters, l’éminent partisan de Donald Trump dit souhaiter prendre le contrôle des routes principales et des territoires occupés par les groupes terroristes dans environ un an.
Selon un membre du gouvernement qui s’est confié au journal américain, Le Miami Herald, aucun contrat n’a été signé. Toutefois, il a confirmé que des négociations sont en cours pour le contrôle des frontières et le recouvrement des dettes en restructurant les douanes et Polifront. Cette polémique intervient alors que le pays est plongé dans une crise sécuritaire aiguë marquée par la violence des gangs. Ces derniers accusés de vols, viols et d’incendies criminels contrôlent près de 90% de la capitale Port-au-Prince plongeant le pays dans une insécurité persistante.
« La source, qui n’était pas autorisée à s’exprimer publiquement, a déclaré ne pas avoir vu le nom de Vectus Global. Cependant, une autre source a indiqué que plusieurs entreprises, dont Prince, étaient en lice pour le contrat frontalier.
Un porte-parole de Vectus Global a déclaré au Herald que l’entreprise disposait d’un programme d’un an pour aider le gouvernement à vaincre les gangs et d’un rôle à plus long terme de conseil auprès du gouvernement sur la manière de rétablir les capacités de collecte des recettes une fois la situation stabilisée» peut-on lire dans un article publié dans les colonnes du journal, Le Miami Herald.
Vectus a commencé à opérer en Haïti en mars, déployant principalement des drones en coordination avec un groupe de travail dirigé par le Premier ministre, mais l’engagement à long terme et l’implication dans la collecte des impôts n’ont pas été signalés auparavant.
Si le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, n’a pas répondu aux sollicitations du journal sur ce dossier controversé, l’ancien président du Conseil de transition, Fritz Alphonse Jean, avait reconnu en juin dernier le recours du gouvernement et du CPT à des entrepreneurs étrangers dans la lutte anti-gang.
Il est important de rappeler que neuf sénateurs démocrates américains ont dénoncé un contrat jugé dangereux entre le gouvernement haïtien et une société militaire privée.


