L’administration du président Donald Trump prévoit de renforcer les procédures de dénaturalisation visant des Américains naturalisés. Selon des directives internes révélées par le New York Times, les services de l’immigration (USCIS) devront transmettre entre 100 et 200 dossiers par mois au ministère de la Justice dès l’exercice fiscal 2026, un objectif sans précédent.
Jusqu’à présent, ces procédures restaient rares : un peu plus de 120 cas ont été engagés entre 2017 et 2025. La loi fédérale limite pourtant strictement la dénaturalisation aux situations de fraude ou de fausses déclarations lors de la demande de citoyenneté.
Cette nouvelle orientation s’inscrit dans une politique migratoire plus large menée par Donald Trump, marquée par le durcissement de l’asile, le renforcement des contrôles et des restrictions visant certains pays. Les autorités affirment agir au nom de la sécurité nationale et de l’intégrité du système d’immigration.
Des organisations de défense des droits civiques et d’anciens responsables de l’USCIS s’inquiètent toutefois de l’instauration de quotas. Ils craignent une politisation de la citoyenneté et un climat de peur parmi les 26 millions d’Américains naturalisés.
Si la procédure de dénaturalisation reste juridiquement complexe et encadrée par les tribunaux fédéraux, ces directives marquent un durcissement notable de la politique migratoire américaine et suscitent de vives inquiétudes quant à leurs conséquences à long terme.


