Le premier Ministre haïtien, Docteur Ariel Henry, cité dans la conspiration ayant abouti à l’assassinat de Jovenel Moïse a été auditionné, le mardi 26 décembre 2023, en sa résidence officielle située à Musseau, Port-au-Prince. C’est le juge instructeur, Wesser Walter Voltaire qui s’est rendu au bureau du locataire de la Primature pour l’auditionner.
LE STANDARD, le 28 décembre 2023. – Le premier Ministre haïtien, Ariel Henry, a obtenu gain de cause dans le cadre de l’enquête ouverte autour de l’exécution de Jovenel Moïse. Et ce, au grand dam de la population haïtienne en quête de justice pour le 58e chef d’Etat d’Haïti, assassiné en sa résidence privée, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à Pèlerin 5, banlieue de Port-au-Prince.

Suite au décès de l’ancien locataire du Palais national, des révélations faisaient croire qu’Ariel Henry et Felix Badio sont impliqués dans ce crime odieux.
Pour faire le jour sur le dossier, la Direction Centrale de la Police judiciaire (DCPJ) a diligenté une enquête. En effet, les enquêteurs de cet organe judiciaire ont révélé que le nommé Ariel Henry et le cerveau du crime, Félix Badio, se sont parlés deux fois après l’attaque mortelle perpétrée contre la résidence du couple présidentiel.
Les relevés téléphoniques consultés par le journal américain , Le New York Times ainsi que des entretiens avec des responsables haïtiens et l’un des principaux suspects du crime révèlent des détails potentiellement compromettants sur la relation entre les deux hommes. Parmi eux : M. Badio a parlé à M. Henry avant et après le meurtre, notamment lors de deux appels d’une durée totale de sept minutes le matin suivant l’assassinat
Suite à ces révélations, le lundi 31 juillet 2023, le magistrat instructeur Brandissant l’article 398 du Code d’Instruction Criminelle a acheminé une ordonnance au Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, Me Elder Guillaume, pour dire souhaiter entendre le chef de la Primature, Ariel Henry, à titre de témoin dans le cadre du dossier relatif à l’assassinat de l’époux de Martine Moïse.
Le dossier n’était pas classé sans suite. Le chef de la poursuite a écrit la Ministre de la justice, madame Emelie Prophète Milcé, pour l’informer que le juge souhaite entendre Ariel Henry et des mes membres de son gouvernement.
La semaine dernière, le Conseil des Ministres a ordonné le premier Ministres Ariel Henry, Ricard Pierre, Ministre de la Planification, Michel Patrick Boisvert, Ministre des Finances, Guyto Edouard, Directeur Général de la DINEPA, Amos Zéphirin, Directeur Général du MICT, Jeantel Joseph Directeur Général de l’ANAP, à comparaître devant le juge instructeur.

Mardi 26 décembre, la nouvelle s’est répandue comme une tournée de poudre. Ariel Henry a été entendu en sa résidence officielle à Musseau en présence de tous ses gardes du corps.
De l’avis de plus d’un, l’audition du Premier Ministre de facto n’est autre qu’un mascarade. Selon Pierre Espérance, le responsable du Réseau National de Défense des Droits Humains ( RNDDH), la décision d’auditionner Ariel Henry de cette manière est une scène façonnée par le doyen du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Bernard Saint-Vil et le président du Conseil Supérieur du pouvoir Judiciaire (CSPJ).
Si les autres personnes épinglées dans le cadre de ce complot ourdi, ont été auditionnées au carré du juge, pour l’ami de Félix Badio, le principal suspect du magnicide, c’était le jour et la nuit. En dépit des soupçons qui planent sur le présumé conspirateurs dans le cadre de l’affaire, en toute quiétude, Ariel Henry riait dans sa barbe lors de son audition.

L’audition fabuleuse de Henry constitue un bon pas pour les haïtiens qui se questionnent sur la crédibilité du juge. Martine Moïse, avait souligné maintes fois les raisons justifiant le lenteur de l’enquête. Selon elle, on doit se méfier du pouvoir exécutif et le système judiciaire haïtien. « C’est blanc bonnet et bonnet blanc».
«Les assassins sont au pouvoir, et ceux qui ne sont pas au pouvoir sont protégés par le pouvoir» , a souvent déclaré l’ancienne première dame pour exprimer son scepticisme sur la justice haïtienne.
Notons que, le veuve de jovenel Moïse a récusé ledit juge pour son lien étroit avec le pouvoir en place dirigé par le nommé Ariel Henry. Martine Moïse, a-t-elle raison ?


