Depuis juin 2021, l’entrée Sud de Port-au-Prince est le théâtre d’actes de violence. Sous le regard impuissant d’Ariel Henry, en toute quiétude, les regroupements criminels qui sèment la terreur au niveau de la Route Nationale Numéro 2 étendent leur territoire. En conséquence, les relations commerciales entre les quatre départements qui constituent la région du grand Sud d’Haïti et Port-au-Prince sont quasiment suspendues.
Le 1er juin 2021, de violents affrontements entre les bandits armés de Grand-Ravine et ceux de Ti Bwa ont été enregistrés. Selon les informations, les deux groupes riveaux se sont battus pour prendre le contrôle de Martissant 1 et 7. Des rafales d’armes automatiques ont été entendus. Il était difficile pour les usagers d’emprunter ce tronçon de route pour vaquer à leurs activités.
Lors de ces affrontements armés, des dizaines de morts et de blessés ont été enregistrés. Les malfrats ont contraint les résidents d’abandonner leurs maisons. Sous des pluies de balles, de nombreux institutions publiques et privées ont gardé leurs portes fermées. Les activités commerciales, culturelles sont réduites considérablement ou disparues.

La passivité du gouvernement d’Ariel Henry envenime la situation
Sous la présidence de Jovenel Moïse, on comptait trois bandes armées qui imposaient leur hégémonie à l’entrée Sud de la Capitale haïtienne. Avec l’arrivée d’Ariel Henry au pouvoir, les foyers de gangs armés se sont multipliés. Pour preuve, la zone de Mariani, située à cheval sur les communes de Carrefour et de Gressier tombée sous l’emprise d’un groupe de terroristes.
Depuis le 1er novembre 2023, le quartier de Mariani est le théâtre de scènes de violence récurentes. Quotidiennement, ce gang dirigé par un certain Ti Boutba sème la terreur dans cette zone. Les criminels sont impitoyables. En effet, ils kidnappent, tuent, volent et violent. Par peur d’être victimes, des milliers d’habitants ont vidé les lieux. Les caïds sont très puissants. Ces derniers imposent le droit de péage aux chauffeurs qui assurent le trajet grand-Sud/Port-au-Prince.
La police tente de démanteler la bande à Ti Boutba

Suite aux vibrants appels lancés par la population, le haut commandement de l’institution policière a déployé des unités spécialisées à Mariani. Le lundi 27 novembre 2023, une opération policière s’est soldée par la mort d’environ une dizaine de gangsters. C’est au cours des échanges de tirs que les malfrats ont été descendus par les vaillants policiers.
Lors des affrontements entre forces de l’ordres et civils armés, un autobus qui transportait plusieurs passagers a été pris en tenaille. Au moins quatre personnes ont été blessées. Elles ont été transportées d’urgence à l’hôpital Sainte-Croix de Léogâne.
En dépit des efforts déployés par la Police Nationale d’Haïti (PNH), cette association criminelle ne cesse pas d’écumer les rues pour le contrôle de territoire.

Les gangs armés resserrent l’étau sur la commune de Carrefour
Les habitants de la commune de Carrefour ont connu une nuit cauchemardesque, le vendredi 19 janvier 2024. En effet, des tirs sporadiques ont retenti les zones de Mon Repos, Lamentin et Bizoton.
Selon les informations parvenues à notre salle de rédaction, le décès d’un allié d’un policier converti en bandit connu sous le nom de Peter Original Général (POG) » serait à l’origine des affrontements entre policiers et bandits armés. Si autrefois, les pourchassés se réfugiaient à Carrefour pour s’échapper à la fureur des gangs armés, maintenant face à l’insécurité qui y sévit, ce serait aberrant de la considérer comme une commune de confort.
Depuis vendredi, un vent de panique souffle dans la commune précitée. Alors qu’elle était très paisible dans les années antérieures. Toutes les activités sont quasiment au point mort. Ce dimanche 21 janvier 2024, quelques rares véhicules ont été remarqués, les commerçants n’étalent presque pas leurs gammes de produits, le transport en commun fonctionne au ralenti.

Que fait Ariel Henry pour un retour au calme à l’entrée Sud de Port-au-Prince ?
Le premier Ministre de facto, Ariel Henry feint d’être pas d’avis de ce qui se passe sur la route nationale numéro 2. Pour le chef du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), tout va bien dans le pays. Ce dernier qui ne se contente que de consolider son pouvoir s’enlise dans le silence la plus totale. Il est impossible de quantifier les personnes tuées, violées, kidnappées. En dépit de tout pas même une note de sympathie en provenance de la Primauté.
De jour en jour, la situation sécuritaire d’Haïti demeure beaucoup plus préoccupante. Le laxisme du chef du gouvernement haïtien suscite plus d’un à se demander si les gangsters ne travaillent pas aux émoluments de l’équipe au pouvoir.


