Le président salvadorien Nayib Bukele semble vouloir passer de la parole aux actes. Après la disparition de quatre militaires salvadoriens à Santo, le Salvador poursuit le déploiement de ses soldats en Haïti afin de renforcer les recherches. Selon les informations dont dispose la rédaction de L’Étendard, ce pays d’Amérique centrale, connu pour sa lutte contre les gangs, compte désormais 1 300 soldats sur le territoire haïtien.
Alors que le président salvadorien s’est dit déterminé à s’attaquer aux gangs qui retiendraient ses militaires en captivité, le Salvador, soutenu par les États-Unis, semble se préparer à intensifier ses opérations contre les groupes criminels. Plusieurs vols charters en provenance du Salvador, transportant des militaires et du matériel, ont ainsi atterri sur le tarmac de l’aéroport international Toussaint-Louverture.
D’après les informations parvenues à notre rédaction, 1 300 soldats salvadoriens sont désormais déployés en Haïti à la suite de la disparition de leurs quatre frères d’armes à Santo. Ces derniers se rendaient dans un supermarché pour faire des achats lorsqu’ils ont été pris pour cible par des membres du gang Chen Mechan. Leur véhicule a été incendié, tandis que leur sort demeure incertain, huit jours après l’attaque.
Si le chef du gang des 400 Mawozo a affirmé que les militaires avaient été tués par un gang rival, le Salvador assure poursuivre ses opérations pour retrouver ses ressortissants. Toutefois, une autorité américaine a présenté ses condoléances au peuple salvadorien quelques jours après l’attaque, alimentant les interrogations autour de cet incident dont les circonstances restent floues.
Le président salvadorien souhaiterait mener des opérations de manière indépendante, sous l’autorité de son commandant déployé en Haïti. Une telle perspective soulève des questions fondamentales sur la souveraineté nationale et le respect du droit international.
Pendant ce temps, une source gouvernementale citée par Le Nouvelliste affirme qu’il ne s’agit pas d’une invasion. De son côté, le Miami Herald a révélé que le gouvernement haïtien n’avait pas été informé du déploiement des militaires salvadoriens. Ces révélations ravivent le débat sur la capacité des autorités haïtiennes à peser sur les décisions engageant l’avenir du pays.
Pour l’heure, aucun communiqué officiel n’a été publié par les autorités haïtiennes sur cette présence militaire. Pendant ce temps, la population, confrontée quotidiennement à l’insécurité, attend des réponses claires sur cette opération et ses implications.
Dans ce contexte d’incertitude, la République dominicaine renforce ses capacités militaires à sa frontière, notamment dans la zone de Jimaní.
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les failles de la gouvernance haïtienne face à la crise sécuritaire. Alors que les gangs continuent d’étendre leur emprise sur plusieurs territoires, l’arrivée de forces étrangères, apparemment sans information préalable des autorités nationales, soulève des interrogations sur la gestion de la crise, la souveraineté du pays et la responsabilité des dirigeants.


