La spirale des enlèvements se poursuit dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Écclésiaste Télémaque, directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale, a été enlevé jeudi soir à Delmas 31. Ce nouvel acte de violence vient rappeler la fragilité persistante de la situation sécuritaire dans la capitale haïtienne.
En l’espace de quelques semaines, deux directeurs de cabinet de membres du gouvernement ont été pris pour cible par des ravisseurs. Une situation qui soulève de sérieuses inquiétudes sur la capacité des autorités à protéger non seulement les citoyens ordinaires, mais également un les représentants de l’État.
Ces enlèvements répétés devraient interpeller le gouvernement sur l’urgence d’apporter une réponse plus efficace à la crise sécuritaire. La population continue de vivre dans la peur, avec des déplacements limités, des activités économiques perturbées et un sentiment grandissant d’insécurité.
Au-delà des opérations policières ponctuelles, les autorités doivent s’attaquer aux causes profondes du phénomène : le contrôle de certains territoires par des groupes armés, l’existence de réseaux de criminalité organisée et l’absence de l’État dans plusieurs zones stratégiques.
Le kidnapping d’un haut responsable gouvernemental envoie également un signal préoccupant sur l’affaiblissement de l’autorité publique. Si les cadres de l’administration ne sont pas épargnés, cela témoigne de l’ampleur du défi auquel le pays est confronté.
Le gouvernement est donc appelé à faire de la sécurité une priorité absolue, en renforçant les moyens des forces de l’ordre, en améliorant la coordination des institutions concernées et en adoptant une stratégie durable pour rétablir la paix dans les quartiers touchés.
La multiplication des enlèvements ne peut plus être considérée comme une situation ordinaire. Elle exige des décisions urgentes, car la restauration de la sécurité demeure une condition essentielle pour relancer l’éducation, l’économie et le fonctionnement normal de l’État.


