La commune de Marigot, dans le département du Sud-Est, fait face à une menace croissante des groupes armés. Des incursions régulières sèment la terreur dans les localités rurales, plongeant la population dans une peur constante. Les habitants appellent les autorités policières et gouvernementales à agir d’urgence afin de contenir l’expansion de ces réseaux criminels.
Dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 mars, une attaque attribuée à des groupes armés venus de Kenscoff a visé la localité de Plantiyon, située entre les sections de Grand-Rivière et Macary. Des tirs nourris ont été entendus et une quinzaine de bœufs ont été emportés, selon Me Gethène Poustin, qui dénonce le laxisme des autorités départementales.
Fin janvier, au moins sept personnes avaient été tuées et quatre autres blessées par balles lors d’une attaque armée survenue à Tèt Ka Jak, section communale de Macary. L’assaut avait également entraîné l’incendie de plusieurs maisons ainsi que le vol et la destruction de motocyclettes.

Sous couvert de l’anonymat, un citoyen a confié que les groupes armés menacent de prendre le contrôle du port de Marigot, devenu un site portuaire stratégique pour l’économie du Sud-Est.
Cet embarcadère sert quotidiennement de point d’embarquement et de débarquement pour les commerçants et entrepreneurs se rendant à la frontière haïtiano-dominicaine, notamment à Anse-à-Pitres et Pedernales, ce qui en fait une cible pour les assaillants.
Une source sécuritaire indique que l’installation portuaire serait également utilisée pour approvisionner en munitions des groupes armés opérant dans les communes de Léogâne et Gressier, accentuant l’inquiétude des habitants. La commune ne dispose que d’une quinzaine de policiers pour assurer la sécurité, exposant la population à des risques croissants.
Parallèlement, la présence de figures suspectes au centre-ville de Marigot illustre un danger imminent pour la commune, connue pour sa production de bananes et ses activités de pêche.
Les citoyens lancent un appel pressant au directeur général de la Police nationale, Vladimir Paraison, ainsi qu’aux autorités communales et départementales, afin de prévenir l’extension des gangs, réputés pour leurs velléités d’expansion territoriale.
Il est à noter que les deux véhicules blindés déployés à Jacmel ne sont pas visibles dans les rues de Marigot. Les résidents exhortent les autorités policières du Sud-Est à renforcer la sécurité, alors que la commune est considérée comme un centre côtier dynamique au fort potentiel touristique.


