L’Alliance Vertières est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie d’ingérence étrangère dans les affaires internes d’Haïti. Dans une note de presse publiée ce week-end, l’organisation politique accuse certaines ambassades, notamment celle des États-Unis, de chercher à influencer le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) dans sa décision de révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé.
Selon l’Alliance Vertières, cette décision relève exclusivement de la souveraineté haïtienne et s’inscrit dans le cadre du processus de transition en cours. Elle rappelle que le renvoi du chef du gouvernement fait partie des préparatifs en vue d’un dialogue national inclusif, destiné à mettre en place un gouvernement légitime et à garantir la sécurité nécessaire à l’organisation d’élections générales avant la fin du mandat du CPT, prévue pour le 7 février 2026.
Le regroupement politique insiste sur la nécessité d’un accord politique consensuel impliquant tous les acteurs sociaux et politiques du pays. Pour l’Alliance Vertières, seul un tel consensus permettra d’assurer la stabilité institutionnelle, de rétablir la sécurité et de créer les conditions favorables à des élections libres, transparentes et démocratiques en Haïti.
L’organisation rappelle également la Résolution 2793 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en septembre 2025, qui souligne l’importance d’un processus politique inclusif dirigé par les Haïtiens eux-mêmes. Si cette résolution prévoit le déploiement d’une force contre les gangs, elle précise aussi que la conduite politique de la transition doit rester entre les mains des autorités haïtiennes, sans ingérence extérieure.
Dans sa note, l’Alliance Vertières évoque le droit international, notamment la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques, qui interdit toute interférence dans les affaires internes des États. Elle estime que certaines prises de position publiques de l’ambassade américaine vont à l’encontre des principes de souveraineté nationale, d’autodétermination des peuples et des valeurs inscrites dans la Charte des Nations unies.
La structure appelle les États-Unis et la communauté internationale à respecter la souveraineté d’Haïti et à soutenir le processus de transition sur la base d’un accord politique national. Elle exhorte les institutions haïtiennes à rester fermes face aux pressions et affirme que le peuple haïtien, à travers ses représentants légitimes, doit pouvoir choisir librement son avenir politique.


