Les États-Unis ont franchi un nouveau cap dans leur pression diplomatique sur les autorités de transition haïtiennes. Le Département d’État américain a annoncé l’imposition de restrictions de visas à l’encontre de deux membres du Conseil présidentiel de transition (CPT), ainsi que de leurs proches immédiats, en raison de leurs liens présumés avec des gangs armés opérant en Haïti.
Selon la note officielle, ces sanctions concernent également les conjoints et enfants des personnes visées. Washington reproche à certains conseillers présidentiels leur implication dans des activités criminelles, notamment par l’entrave aux efforts du gouvernement haïtien visant à combattre des groupes qualifiés par les États-Unis d’Organisations terroristes étrangères (Foreign Terrorist Organizations – FTO).
Ces mesures sont prises en application de l’article 212(a)(3)(C) de l’Immigration and Nationality Act (INA), une disposition légale qui permet de refuser l’entrée sur le territoire américain à toute personne dont la présence pourrait avoir des conséquences négatives graves sur la politique étrangère des États-Unis.
Dans son communiqué, l’administration américaine affirme rester « résolument engagée en faveur de la stabilité d’Haïti » et dit vouloir renforcer son partenariat avec les autorités haïtiennes pour lutter contre la violence des gangs. « Le peuple haïtien a trop longtemps souffert de la violence, des destructions et des rivalités politiques », souligne Washington, promettant que ceux qui contribuent à la déstabilisation du pays et de la région devront rendre des comptes.
Ces restrictions de visas surviennent moins d’une semaine après des menaces américaines visant cinq membres du CPT favorables à la révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, alors que Leslie Voltaire et Edgard Leblanc Fils avaient publiquement mis en cause Washington pour ce qu’ils considèrent comme une ingérence dans les affaires politiques internes d’Haïti.
Une source diplomatique indique au journal qu’un autre conseiller présidentiel pourrait subir le même sort.
Alors que Fritz Alphonse Jean, membre du CPT, avait déjà été sanctionné pour ses liens présumés avec la coalition de gangs « Viv Ansanm », ces nouvelles mesures contre ses collègues mettent en lumière la proximité existant entre certains hauts dignitaires de l’État et les gangs armés.


