Une nouvelle escalade dans la crise politique secoue le sommet de l’État. Des conseillers présidentiels, dont les signataires de la résolution visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ont été empêchés d’accéder à la Villa d’Accueil ce vendredi matin.
La Police nationale d’Haïti (PNH) et des agents des Forces armées d’Haïti (FAd’H) ont bloqué leur entrée pendant plusieurs heures, dans une scène rarissime qui illustre l’ampleur des tensions au sein de la transition.
Selon des sources concordantes, les conseillers concernés se sont retrouvés immobilisés à l’extérieur du siège de l’exécutif, sans justification officielle claire. Ce n’est qu’après l’intervention directe de la Secrétaire générale de la Présidence, Marie Élisabeth Régine Joseph Hadad, que la situation a pu être débloquée et que l’accès leur a finalement été accordé.
La communauté internationale affiche son soutien au Premier ministre Fils-Aimé
Dans ce contexte de bras de fer institutionnel, la communauté internationale a réaffirmé son appui au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni (Londres) et l’Organisation des Nations unies (ONU) ont multiplié les signaux en faveur de la stabilité gouvernementale, soulignant que toute tentative d’éviction du chef du gouvernement risquerait d’aggraver l’insécurité et la fragilité politique du pays. Washington et Ottawa insistent sur la nécessité de préserver la continuité de l’État, estimant que Fils-Aimé demeure un acteur clé dans la gestion de la transition.
Tension entre le CPT et la Primature : la fin du mandat du Conseil en ligne de mire
L’épisode de la Villa d’Accueil révèle une fracture profonde entre le Conseil présidentiel de transition (CPT) et la Primature. Tandis que certains conseillers cherchent à accélérer la chute du gouvernement, les partenaires internationaux mettent l’accent sur un autre enjeu majeur : la fin du mandat du CPT, prévue autour du 7 février 2026, conformément aux engagements pris dans le cadre de la transition.
Le Canada et les États-Unis rappellent régulièrement que le CPT ne saurait s’éterniser au pouvoir et qu’il doit respecter le calendrier politique. Cette pression internationale renforce la position du Premier ministre Fils-Aimé, perçu comme un facteur de stabilité face à un Conseil présidentiel de plus en plus divisé et contesté.
Une transition sous haute tension
À moins de trois semaines de l’échéance annoncée, Haïti s’enfonce dans une zone de turbulences institutionnelles. Le blocage de conseillers à la Villa d’Accueil, l’implication des forces de sécurité et l’arbitrage de la Secrétaire générale de la Présidence traduisent un climat où la méfiance domine au sommet de l’État.
La question centrale demeure : le CPT ira-t-il jusqu’au bout de son mandat ou tentera-t-il de se maintenir au pouvoir ? En attendant, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé semble bénéficier d’un soutien extérieur solide, alors que le pays retient son souffle face à une transition de plus en plus explosive.


