La Résistance Démocratique (RED) a adressé une correspondance officielle à son représentant au sein du Conseil présidentiel de transition, Smith Augustin, pour lui exprimer à la fois sa reconnaissance et de vives préoccupations liées à l’orientation actuelle de la transition politique en Haïti.
Dans cette lettre, la RED salue d’abord « le dévouement, le sens du devoir et le patriotisme » du Conseiller-Président Augustin estimant que son engagement reste un repère important pour de nombreux citoyens en quête de stabilité institutionnelle. Toutefois, l’organisation politique dit constater un déficit sérieux de concertation entre sa représentation au Conseil présidentiel et ses propres instances dirigeantes.
Au cœur des inquiétudes de la RED figure la signature présumée d’une résolution visant à remplacer l’actuel Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, sans accord politique préalable ni cadre formel de discussion. Pour la RED, une telle décision, compte tenu de ses implications politiques, institutionnelles et sociales, ne peut être prise de manière unilatérale.
« Un changement de Premier ministre ne saurait être envisagé en dehors d’une large concertation », insiste la RED, qui appelle à un processus transparent, inclusif et politiquement sécurisé.
L’organisation rejette catégoriquement toute initiative qui ouvrirait la voie à une nouvelle transition politique. Selon elle, le pays ne peut se permettre une succession de cycles transitoires qui ne ferait qu’aggraver l’instabilité, prolonger l’incertitude et affaiblir davantage l’autorité publique.
La RED plaide plutôt pour une amélioration et une rationalisation du dispositif actuel, orienté vers des résultats concrets plutôt qu’une reconfiguration sans consensus.
Dans sa correspondance, la RED définit clairement trois axes majeurs devant guider l’action publique :
La sécurité, comme condition préalable à toute normalisation institutionnelle ;
Le changement constitutionnel, dans un cadre crédible et inclusif ;
Les élections, à organiser de manière rigoureuse pour qu’au plus tard le 7 février 2027, des autorités élues prennent les rênes de l’État.
Enfin, la RED invite son représentant à rétablir un mécanisme de concertation régulier et structuré, incluant également le chef du gouvernement, afin d’éviter tout malentendu politique et garantir la cohérence de la représentation de l’organisation.
Elle demande des clarifications urgentes sur la résolution évoquée et se dit disponible pour une rencontre de travail formelle, dans un esprit de responsabilité et de priorité nationale.


