La vague de kidnappings continue de secouer la région métropolitaine, plongeant les habitants dans un climat d’insécurité totale. Jeudi soir, cinq personnes dont trois garçons —ont été enlevées à la rue Vaval, non loin de Radio Télé Galaxie. Une attaque menée en quelques minutes, au nez et à la barbe d’une population déjà traumatisée par l’escalade de la violence.
Selon des riverains, l’opération des ravisseurs s’est déroulée sans aucune intervention policière, alors que les appels à l’aide fusaient dans le quartier. « Nous n’avons vu aucune patrouille. La police est complètement absente à Delmas 31, 19 et 29 », dénonce un habitant, exaspéré. Ces critiques s’inscrivent dans une frustration croissante face à l’impuissance des forces de l’ordre à endiguer la montée des enlèvements.
Pour l’heure, aucune information n’a filtré quant à un éventuel contact entre les ravisseurs et les familles des victimes. Un silence lourd, auquel s’ajoute celui des autorités, qui tardent à communiquer sur cette nouvelle attaque. Ni la Police nationale d’Haïti (PNH) ni le Haut Commandement n’ont, pour l’instant, donné de détails sur l’enlèvement ou les mesures prises pour retrouver les otages.
Cette absence de réaction officielle renforce le sentiment d’abandon qui gagne la population. Beaucoup s’interrogent sur l’efficacité réelle de la Force de répression des gangs, pourtant présentée comme un pilier central du dispositif de sécurité. Malgré des annonces répétées sur des opérations de terrain, les résultats tardent à convaincre. Les gangs étendent leur influence, les axes stratégiques restent vulnérables, et les citoyens continuent de vivre au rythme des rafales et des rapts.
« On nous avait promis une force spécialement équipée pour nous protéger, mais les kidnappings augmentent chaque semaine. Où sont les résultats ? » questionne un commerçant de la zone, qui affirme vivre dans la peur constante.
Pendant ce temps, les familles des victimes sont livrées à elles-mêmes, espérant un geste, une parole, une action, alors que les rues de Delmas se vident dès la tombée de la nuit.
Face à ce nouveau drame, les habitants réclament de la transparence, des opérations ciblées et des résultats tangibles. Mais pour l’instant, seuls dominent le silence officiel, l’audace des ravisseurs et la peur grandissante d’une population laissée sans défense.


