Le Catatumbo, une région stratégique au nord-est de la Colombie, est à nouveau plongé dans la violence. Depuis le 16 janvier, une série d’affrontements oppose la guérilla de l’Armée de libération nationale (Ejercito de Liberacion Nacional, ELN) à un groupe dissident des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
Ces combats, visant le contrôle de territoires clés pour le narcotrafic, ont engendré un lourd bilan humain : au moins 100 morts, principalement des civils, et 11 000 personnes déplacées. Les chiffres traduisent l’ampleur de la crise qui secoue cette région depuis des décennies.
Les déplacements massifs témoignent de l’urgence humanitaire. Des familles entières fuient leurs foyers, abandonnant leurs biens pour chercher refuge dans les villes de Cucuta, Ocaña ou Tibu, voire au Venezuela. Ces déplacements précipités se déroulent dans un climat de panique, aggravant la vulnérabilité des populations locales. Les centres d’accueil débordés manquent de ressources essentielles comme la nourriture, l’eau potable et les soins médicaux. Iris Marin Ortiz, cheffe de la Defensoria del Pueblo, a qualifié cette crise d’« une des plus graves jamais connues dans le Catatumbo ».
Les affrontements révèlent aussi les limites de la politique de « paix totale » prônée par le président Gustavo Petro. Malgré des négociations ouvertes avec l’ELN, ces violences montrent que les rivalités entre groupes armés pour le contrôle des routes stratégiques et des ressources persistent. Ces tensions compromettent les efforts de pacification et mettent en lumière la fragilité des accords envisagés.
Face à cette crise, les autorités colombiennes et les organisations internationales sont appelées à agir de toute urgence. L’aide humanitaire doit être renforcée pour répondre aux besoins des 11 000 déplacés. Mais au-delà de l’urgence, une réponse stratégique et durable s’impose pour enrayer ce cycle de violences qui continue de ravager la région.


