À l’approche du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), la communauté internationale affiche une position ferme. La France et le Canada appellent au respect strict de l’échéance prévue par l’accord du 3 avril, tandis que l’incertitude plane sur l’avenir de la transition politique et le cadre appelé à succéder au pouvoir intérimaire en Haïti.
Le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) prendra fin le 7 février 2026, conformément à l’accord du 3 avril 2024. Installée le 25 avril 2024, cette structure de transition fait aujourd’hui l’objet de vives critiques. Elle peine à rétablir la sécurité en Haïti et n’est pas parvenue à organiser des élections, dans un contexte marqué par de multiples scandales.
À moins de deux mois de la fin officielle du mandat du CPT, le corps diplomatique se veut clair. Le mandat du CPT arrive à son terme et ne peut être prolongé. Lors d’une visite dans les locaux du journal Le Nouvelliste, l’ambassadeur de France en Haïti, Antoine Michon, a réaffirmé la position de Paris sur cette échéance. « Le cadre est assez clair. Le mandat du CPT se termine le 7 février et ne peut pas être prolongé. Il faut le respecter », a-t-il déclaré.
Toutefois, le diplomate français a indiqué que des discussions politiques sont en cours entre les partis haïtiens, le président du CPT et le Premier ministre, afin de définir la suite du processus. « Y aura-t-il un nouveau cadre politique pour remplacer l’accord du 3 avril ou va-t-on continuer avec ce texte, qui fixe le mandat du CPT sans préciser le rôle du Conseil des ministres ? », s’est-il interrogé.
Selon Antoine Michon, ces choix relèvent exclusivement des acteurs nationaux. « C’est aux Haïtiens d’en décider. La France ne peut pas s’ingérer dans les affaires politiques du pays », a-t-il insisté.
La position du Canada n’est pas différente. Mardi, lors d’une cérémonie officielle tenue à la Villa d’Accueil, l’ambassadeur du Canada en Haïti, François Giroux, a également rappelé la fin prochaine du mandat du pouvoir intérimaire. Il a salué le courage des conseillers présidentiels et du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, tout en soulignant la nécessité d’engager pleinement le processus électoral.
Ces prises de position ravivent le débat sur le rôle et l’influence de la communauté internationale dans les affaires politiques haïtiennes. Elles mettent également en lumière le risque d’une impasse politique imminente. Une question demeure : Haïti s’enfoncera-t-elle davantage dans le chaos politique, ou les destinées de la République seront-elles confiées à une nouvelle équipe dirigeante ?
Si Washington reste pour l’instant discret sur l’après-7 février 2026, une frange de la classe politique haïtienne estime que la sortie de crise passe par un nouvel accord politique et le renvoi du CPT.


